Témoignages

De nombreux pèlerins pour Compostelle ou ailleurs se sont arrêtés en Calvados. Emus par la Larme du Pèlerin, ils ont laissé des témoignages dans leurs Mémoires et correspondances. Ces témoignages ont été recueillis au cours des ans par les historiens locaux et constituent la mémoire de la Larme.

Combien de pèlerins, combien de pénitents,

En route pour Saint Jacques par le pays normand

Ont déposé pour Laure une larme d’opale

Offrande à son amour emporté par les ondes ?

Et combien ont goûté la liqueur d’ambre pâle

Que produisent les fruits qui au verger abondent ?

Honneur à qui produit, alchimiste savant,

Ce magnifique alcool, cet esprit des géants !

Victor H. (témoignage recueilli par Amina L.)

Dans la douceur des soirs d’été qui se prolongeaient à Combourg bien au-delà de l’heure à laquelle, revenant des champs, Yvette rejoignait la cuisine et nous préparait un souper léger, fait de ses légumes du jardin frais et savoureux, mèlés aux senteurs salines et iodées de la baie du Mont Saint Michel toute proche, dans la douceur de ces soirs longs, tièdes et parfumés des chèvrefeuilles qui envahissaient le parc du château, offrant aux mésanges et aux hirondelles le refuge de leurs branches ployant sous les fleurs entêtantes, après le repas frugal, allongés dans les chaises du jardin et devisant des affaires du jours, de la tournée du facteur, du résultats des courses auxquelles le mari d’Yvette aimait à parier, on versait dans les verres un peu de la liqueur du village voisin, fait des pommes dont la légende racontait la tragique histoire d’amour qui avait relié à tout jamais Laure et son amant Gilles, et les parfums de réglisse, d’abricots, et parfois même de cacao et de cafés exotiques se mêlaient aux senteurs du soir dans un assoupissement presque voluptueux des sens.

Marcel P. (historienne Amina L.)

Ce midi, comme c’était dimanche, on a été manger chez ma mémé. Moi j’aime bien ma mémé, elle me  fait toujours des bisous sur les joues en m’appelant mon chéri, et elle dit a maman de me laisser avoir  un chocolat avant le déjeuner, et que non ca ne va pas me gâcher l’appétit et que je suis maigrichon  c’est à se demander ce qu’on me donne à manger a la maison. Alors maman lève les yeux au ciel et papa lui dit calme toi ma chérie vient plutôt au salon. Et moi je peux manger mon chocolat.


Après le repas, pépé a propose a papa un petite goutte pour digérer tout ça, et papa a dit c’est pas de refus, et maman a levé les yeux au ciel. Pépé a dit justement j’ai un nouveau calvados, produit par un petit exploitant près du Mont Saint-Michel, il va vous mettre la larme a l’œil. Alors maman a fait les gros
yeux en lui disant papa ne le fait pas boire tu vois bien qu’il n’en n’a pas besoin alors mémé a dit calme toi ma chérie vient plutôt dans la cuisine.


Moi je suis resté avec les hommes, comme dit pépé. J’ai écouté les histoire de pépé quand il était soldat et papa était un peu rouge. Il avait les yeux un peu fermés et il écoutait en souriant et en disant qu’il sentait la poire, les fruits secs et la vanille et peut être meme un peu la violette et qu’il était drôlement bon et qu’il allait en prendre une dernière goutte.


C’est maman qui a conduit pour rentrer à la maison. Elle faisait les gros yeux pendant que papa disait que pour une fois il avait passe un drôlement chouette après-midi chez mémé et pépé et qu’il s’en souviendrait longtemps, de la Larme du Pèlerin.

Le Petit N. (historienne Amina L.)

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